Vidanger une piscine publique ou collective : ce que dit la réglementation
12 septembre 2022

Réglementations

Pour les gestionnaires des piscines publiques et collectives, la vidange des bassins est une étape obligatoire qui permet de maîtriser la bonne qualité de l’eau et d'assurer la sécurité de leurs usagers. Que dit la réglementation sur la vidange des piscines et comment cela se passe-t-il concrètement ? On fait le point. 

 

Ces réglementations qui régissent les piscines publiques

Pourquoi faut-il vidanger une piscine collective ?

La vidange des bassins est nécessaire pour des raisons d’hygiène avant tout. Elle permet aux piscines de maîtriser la propreté des bassins, la qualité de l’eau et ainsi de garantir la sécurité des usagers. Quand la piscine est en surstabilisation ou que l'eau est totalement déséquilibrée, la vidange est bien souvent le seul moyen de résoudre les gros problèmes.

C’est un procédé indispensable… mais qui demande un certain temps : une vidange dure en moyenne une semaine.

Comment vidanger une piscine publique ?

1. L'annonce de la vidange
L'Agence Régionale de Santé doit être avertie par écrit au moins 48h avant l'opération de vidange, ainsi que les services municipaux des égouts. Sans oublier la communication auprès des usagers !

2. L'arrêt du chauffage et l'ouverture des vannes
Ces opérations sont réalisées par les services techniques municipaux, le chef de bassin formé à la vidange ou une société privée. Cette étape dure une journée.

3. Le nettoyage du bassin
Lorsque l'eau s'est totalement écoulée, il faut nettoyer toutes les surfaces, y compris les douches, toilettes, couloirs et vestiaires. Cette étape dure deux jours, le temps de réaliser toutes les petites réparations nécessaires.

4. Le remplissage du bassin et le réchauffage de l'eau
C'est l'étape la plus longue, qui dure en moyenne trois jours.

Vous en profitez pour faire des travaux ? Mettez en place une communication ad hoc auprès de vos usagers !

Une seule vidange obligatoire par an depuis 2016

La dernière réglementation, en vigueur depuis 1981, obligeait les établissements à vidanger leurs piscines collectives deux fois par an. Un arrêté paru le 16 septembre 2016 (1) a ramené cette obligation à une seule vidange par an.

Seules exceptions à la règle, les pataugeoires et les bains à remous, qui nécessitent deux vidanges par an. Le préfet peut aussi demander à ce qu’un bassin soit vidangé si :

  • son état de propreté n’est pas suffisant ;
  • l’eau n’est pas conforme aux normes de qualité ;
  • une quelconque anomalie entraîne un danger pour la santé des usagers.

Cette mesure de simplification avait pour but de réaliser des économies sur la consommation d’eau et de chauffage des piscines collectives, à hauteur de 3 000 euros minimum par bassin (2). Une aubaine pour les finances publiques ! Cependant, sur le terrain, cette décision est loin de faire consensus.

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Sur le terrain, les gestionnaires de piscines collectives doivent s'adapter

Pour Gilles GLAD, directeur des équipements à Grand Chambéry, le passage de deux à une vidange ne va pas assez loin.

Quand les analyses d'eau sont bonnes, pourquoi nous imposer cette vidange systématique ? Tout cela a un coût, entre le volume d'eau, son réchauffage et son traitement, puis les pertes financières liées à la fermeture de la piscine. Sans parler de l'incompréhension du public de nous voir vider autant d'eau alors que les restrictions sur cette ressource sont si importantes. Je pense que le sujet devrait être traité localement entre exploitants et ARS, et non assujetti à une réglementation nationale, car chaque piscine est différente.

De son côté, Franck BAJON, gestionnaire de la piscine Forez Aquatic – Forez Est, estime que l'ARS n'a pris aucun risque avec cette réglementation.

Les exigences d'analyse d'eau sont restées les mêmes. Aujourd'hui, on peut se contenter d'une seule vidange par an tant que l'on est dans les clous. Nous nous sommes adaptés en achetant un déchloraminateur et nous communiquons beaucoup sur la nécessité de prendre une douche savonnée avant de se baigner, ce qui est loin d'être un acquis en France. Je constate cependant que les ARS sont plus ou moins strictes suivant les départements. C'est anormal. Le taux de chloramines est fixé par décret et ne devrait pas être sujet aux petits arrangements.

Si cette réglementation diminue l’influence du procédé de la vidange sur les finances publiques, certaines piscines collectives souhaiteraient aller plus loin en supprimant l’obligation de vidanger. D'autres aimeraient aussi opter pour un traitement à l’ozone, une technique qui bénéficie d'une norme depuis 2019 (3) et qui permet de se débarrasser des chloramines.

La vidange est une étape incontournable. Pour éviter d'en faire plus que prévu par la réglementation, un traitement de l'eau optimal, au plus proche de l'utilisation réelle de la piscine, est nécessaire. Retrouvez les dernières nouveautés dans ce domaine !


(1) Legifrance : Arrêté du 7 septembre 2016
(2) Banque des territoires : L’arrêté réformant l’obligation de vidange des piscines est paru
(3) Banque des territoires : Une norme pour le traitement des piscines à l'ozone

© Crédit photo : K8most / Adobe Stock 

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