Pourquoi créer sa boutique en ligne quand on est piscinier ?
07 juin 2016

Tendances

Le commerce en ligne marque chaque année une croissance fulgurante qui ne semble pas prête de s’arrêter : en 2015, le marché enregistre une hausse de 14,3 % de son chiffre d’affaires, atteignant 64,9 milliards d’euros*. Un marché porteur, sur lequel il serait dommage de ne pas se positionner, mais qu’il faut adapter avec prudence au secteur de la piscine.

Acheter sa piscine en quelques clics depuis son canapé, impossible ? Avec l’essor du digital, les professionnels de la piscine sont confrontés à la concurrence des sites de ventes à distance et à la grande distribution. L’ouverture d’une boutique en ligne semble être une bonne solution pour contre-attaquer, mais jusqu’à quel point ?

Le Drive, un positionnement adapté

Philippe Arsane est le Directeur Développement chez Beltys, prestataire en charge notamment du site de la Fédération des Professionnels de la Piscine depuis près de 10 ans. Pour lui, ça ne fait pas de doute : « le Drive (ou click-and-collect) est la solution qui convient le mieux aux PME ». Pionnier en la matière, il a mis en place plusieurs Drive piscine pour différents prestataires, permettant au client d’acheter en ligne et de venir récupérer son produit en magasin. Au cours de la première année de mise en place, il a pu constater une augmentation de 10 à 15 % du nombre de clients – une croissance qui se confirme les années suivantes.

Un outil de communication plutôt qu’un outil de ventes

« La plupart des gens consultent le site pour connaître les prix avant de se rendre sur place », explique Philippe Arsane. Il l’avoue tout de suite : « Notre objectif, c’est avant tout de permettre aux clients de se faire connaître ». Une présence sur le net est en effet valorisante pour le piscinier, qui y peut exposer ses produits, ses prix et son espace de vente. « Il y a peu de vente directe, mais cela draine du public en magasin », précise le Directeur Développement de Beltys – qui affiche une augmentation de trafic d’environ 10 % par rapport aux années précédentes. En mettant à la disposition des internautes toutes les informations qu’ils recherchent, le piscinier évite de perdre son consommateur au profit de concurrents, ou d’un site de vente à distance généraliste.

Les erreurs à ne pas commettre

Le Drive enlève au consommateur les appréhensions qu’il pourrait avoir concernant la livraison. Mais pour que le client soit convaincu par le click-and-collect, il faut mettre en place une logistique rigoureuse et un service irréprochable. Attention à bien évaluer la demande, sous peine de se retrouver rapidement en rupture de stock, et à afficher les prix exacts…

Les limites du e-commerce pour le piscinier

Les ventes effectuées par ce canal concernent essentiellement les petits équipements et les produits d’entretien. Il n’est pour l’instant pas possible de commander une piscine enterrée sur internet. Cette fonctionnalité sera disponible sur une plateforme inaugurée dans quelques mois dans le sud de la France, mais pour Philippe Arsane il ne faut pas s’attendre à une révolution des modes d’achat : « Il y a trop de paramètres liés à l’installation : terrain, réglementation… pour moi ce modèle est viable pour la promotion, beaucoup moins pour la vente. »

Une présence en ligne ne peut qu’être bénéfique pour le piscinier : renommée accrue, mise en avant de ses produits, augmentation du trafic en magasin… Mais à terme, rien ne remplacera l’accompagnement d’un professionnel dans un achat aussi impliquant que celui d’une piscine.

*Source : FEVAD.

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