La sur-stabilisation ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir de l'entretien d'une piscine !
20 fév 2020

La sur-stabilisation est une problématique bien connue du secteur de la piscine lorsqu'il s'agit d'entretenir un bassin. Mais grâce à l'innovation de GACHES CHIMIE, primée lors des Pool Innovations 2018 catégorie « Clean Pool », les professionnels ont enfin une alternative efficace à la vidange totale ou partielle ! Karine Bordes, Directrice adjointe du service piscine et traitement de l'eau de GACHES CHIMIE, revient avec nous sur cette nouveauté qui aura nécessité dix années de recherche !

Votre innovation a été plusieurs fois récompensée, y compris sur le salon Piscine Global Europe 2018. Pouvez-vous présenter cette nouveauté qui révolutionne l'entretien d'une piscine en quelques mots ?

Karine Bordes : Notre innovation réduit le taux de stabilisant dans une piscine. Contrairement à ce que le nom de notre entreprise pourrait laisser penser, ce n'est pas un produit chimique *rires* ! Il s'agit d'une enzyme qui s'attaque à la molécule d'acide isocyanurique (le nom chimique de la molécule de stabilisant). Elle attaque en deux à trois reprises cette molécule pour la dégrader, et cela sans générer de sous-produit qui pourrait être néfaste. Nos tests prouvent une chute drastique du stabilisant sous 48 à 72 heures, mais notre enzyme continue de travailler pendant une dizaine de jours. À l'heure actuelle, il n'existe pas de produit équivalent sur le marché pour entretenir l'eau d'une piscine.

Votre innovation s'attaque à la sur-stabilisation dans une piscine. Pourquoi cela pose-t-il problème ?

Karine Bordes : Le stabilisant a tendance à s'accumuler dans une piscine et bloque l'action des désinfectants, nécessitant de vidanger plus fréquemment le bassin. C'est donc une innovation très attendue par le secteur car cela fait des années que l'on parle de la sur-stabilisation des piscines. Il faut rappeler que reconditionner une eau vidangée peut doubler le m² d'eau utilisée !

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À qui votre innovation piscine est-elle destinée en premier lieu ?

Karine Bordes : Il s'agit surtout des particuliers, même si notre division piscine a été créée à l'époque pour répondre à la demande croissante des collectivités. Ces dernières gèrent de façon très précise leur stabilisant de manière journalière, voire même deux fois par jour, de manière à ne pas dépasser 75ppm dans une piscine collective. Cependant, les particuliers exercent moins de suivi dans l'entretien de leur piscine puisqu'ils ne sont pas tenus aux mêmes obligations. Alors quand leur piscinier leur annonce que l'eau de leur bassin est devenue incontrôlable, souvent au pire des moments (canicule, vacances…), c'est le drame !

La sur-stabilisation de l'eau d'une piscine est-elle une problématique récente ?

Karine Bordes : Les habitudes d'entretien ont changé. Il y a encore 20 ou 30 ans, on vidangeait un tiers de la piscine en période d'hivernage. La sur-stabilisation était alors mieux maîtrisée puisqu'on évacuait une bonne partie du stabilisant. C'est une pratique qui tend à disparaître car nos hivers sont moins rigoureux maintenant et l'hivernage passif se fait beaucoup moins fréquemment. De plus, on a vu se populariser les volets roulants qui protègent les piscines du gel, donc elles ne sont plus vidangées aussi souvent. C'est une problématique qui est apparue au fil des années et des évolutions d'usage, et qui touche tous les pays !

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Pouvez-vous nous raconter les coulisses du développement de votre innovation piscine ? Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées pour trouver la solution idéale ?

Karine Bordes : Notre département R&D s'est positionné initialement sur une solution chimique, car c'est notre cœur de métier. Pendant dix ans, nous avons effectué des tests avec tout un tas de produits, ou mélanges de produits. Rien n'a été concluant. Et puis nous avons découvert cette enzyme auprès d'un fabricant qui n'est pas du tout spécialisé dans l'univers de la piscine.

Même si cette enzyme n'était pas chimique, nous l'avons étudiée car elle répondait à la problématique du secteur de la piscine, et c'était bien cela qui nous tenait à cœur. Nous voulions trouver une solution qui ne soit pas contraignante dans son application et qui ne nécessite pas de révolutionner les pratiques du secteur de la piscine. Cette enzyme cochait tous nos critères et nous avons développé un partenariat avec ce fabricant, qui nous permet d'utiliser son enzyme en exclusivité.

Un an après votre participation aux Pool Innovations 2018, où en êtes-vous avec la commercialisation de votre produit ? Que cela vous a-t-il apporté ?

Karine Bordes : On a eu un véritable raz-de-marée sur le salon Piscine Global Europe 2018, du mardi au vendredi. C'était un produit très attendu pour faciliter l'entretien d'une piscine ! Nous avons eu beaucoup de curieux, mais aussi des sceptiques. Nous avons beaucoup gagné en visibilité et en notoriété. L'ensemble des journalistes du secteur de la piscine se sont intéressés à notre innovation. Nous avons ainsi eu des demandes provenant des quatre coins du monde !

En 2019, nous nous sommes consacrés au développement commercial sur le territoire français, et nous avons eu d'excellents retours de la part de nos clients. À présent, on s'attaque au marché international, après avoir gagné d'autres prix notamment, et un prix de l'innovation décerné par la FPP en décembre dernier. Nous avons ouvert des négociations avec des distributeurs en Angleterre, en Europe de l'Est et en Afrique du Nord.

Après ces dix années passées à travailler d'arrache-pied, c'est aussi une belle récompense pour l'ensemble de nos collaborateurs ! Bravo à toute l'équipe !

Comme GACHES CHIMIE, vous avez développé une innovation piscine remarquable et souhaitez la faire connaître aux professionnels du secteur ? Le concours Pool Innovation 2020 n'attend plus que vous : les inscriptions seront ouvertes d'ici quelques semaines !


© Crédit photo : New Africa / stock.adobe.com 

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